Expression de l’opposition et de la concession

dimanche 17 novembre 2013
par  M. Hipken

Différence entre la concession et l’opposition

Il s’agit d’une différence de sens : dans la concession, une conséquence attendue ne s’est pas réalisée : Alors qu’elle chante très faux, cette chanteuse a beaucoup de succèsa priori une mauvaise chanteuse ne devrait pas avoir beaucoup de succès. Dans l’opposition en revanche, il n’y a pas de conséquence attendue : Ma sœur préfère les maths, mais moi je préfère le français. Dans ce cas, on observe des mots qui s’opposent, ou qui peuvent au moins être différenciés : Ma sœur / moi, les maths/le français.

Conséquences sur l’expression :
- On ne peut pas formuler une concession s’il n’y a pas de conséquence attendue. Une telle phrase paraîtrait illogique : Même si je vais me promener, il pleut. : il est impossible de trouver une conséquence attendue : Je vais me promener donc il ne pleut pas. Mais on peut dire le contraire : Même s’il pleut, je vais me promener.
- On ne peut pas non plus formuler d’opposition s’il n’y a pas de mots à opposer ou à différencier. Ce serait incompréhensible : Le gazon est vert. Par contre j’aime les frites.

L’emploi des mots de liaison

Les mots de liaison relient deux phrases ou deux propositions indépendantes.
- Les conjonctions de coordination mais et or : Il pleut ; or je vais me promener.
- Les adverbes de liaison cependant, pourtant, en revanche, au contraire, néanmoins, toutefois, par contre, à l’opposé...  : Il pleut. Pourtant je vais me promener.

L’emploi de ces mots de liaison est très souple et la formulation peut se faire généralement dans les deux sens : Je vais me promener, mais il pleut. / Il pleut, mais je vais me promener. Remarque : les locutions adverbiales en revanche, au contraire, par contre, à l’opposé ne peuvent exprimer que l’opposition.

L’opposition/concession exprimée par des compléments circonstanciels

- Par un groupe nominal précédé d’une préposition : malgré, en dépit de, au lieu de, contrairement à, à l’opposé de, au contraire de...  : Au lieu d’une bicyclette, il a eu un nouveau cartable. Malgré la pluie, ils sont allés se promener.
- Par un groupe infinitif précédé d’une préposition : au lieu de, loin de  : Loin de passer son temps à ne rien faire, elle est très active.

N.B. au lieu de, contrairement à, à l’opposé de, au contraire de, loin de ne peuvent exprimer que des oppositions.

L’opposition/concession exprimée par une proposition subordonnée circonstancielle

Les propositions introduites par une conjonction de subordination

- Alors que, tandis que, même si, lors même que, sont suivies de l’indicatif : Alors qu’il pleut, il part en promenade. Même si marque une hypothèse : Même s’il avait le temps, il n’irait pas le voir.

Attention : Alors que et tandis que peuvent aussi exprimer le temps ; on peut alors les remplacer par au moment où : Alors qu’(=au moment où) il se promenait, il entendit un hurlement de loup.
- Quand, quand même, quand bien même sont suivies du conditionnel et marquent une hypothèse : Quand (bien même) il en aurait les moyens, il n’achèterait pas de manteau de fourrure.
- Bien que, quoique, sans que, encore que, loin que, au lieu que, que...que... sont suivies du subjonctif : Bien qu’il pleuve, il part en promenade. Que...que.. marque une alternative : Qu’il pleuve ou qu’il vente, il part en promenade

Remarques :
- malgré que apparaît dans des expressions comportant le verbe avoir au subjonctif (Malgré que j’en aie). Dans les autres cas, l’emploi de cette conjonction est généralement considéré comme une faute d’expression, même on le rencontre chez certains grands écrivains. L’Académie française recommande donc d’éviter cet emploi.
- Quand la subordonnée exprime une opposition, la formulation peut se faire dans les deux sens : Bien que ma sœur préfère les maths, je préfère le français. / Bien que je préfère le français, ma sœur préfère les maths.
- Mais quand la subordonnée exprime un concession, la formulation dans l’autre sens n’est pas toujours possible car la conséquence attendue peut disparaître ou devenir illogique : Bien qu’il pleuve, il part en promenade / Bien qu’il parte en promenade, il pleut.. (Il part en promenade donc il ne devrait pas pleuvoir ?)

Les corrélations

La corrélation comporte deux éléments séparés et est généralement suivie du subjonctif :
- quelque(s) + nom + que : Quelque décision que tu prennes, je la respecterai.
- quel(les) que soient + nom +que : Quelle que soit ta décision, je la respecterai.
- quelque/si/tout + adjectif + que : Si loin qu’il soit, j’irais le voir.
- tout + nom + que (peut aussi être suivi de l’indicatif) : Tout roi qu’il est/soit , il est malheureux.
- quoi que... /qui que... /où que... : Quoi que tu fasses, je te pardonnerai.

Autres marques de subordination


- Si + adjectif + inversion verbe/sujet : Si courageux soit-il, il n’y parviendra pas.
- Conditionnel + inversion verbe/sujet (que) : Serait-il malade (que), je le verrai bientôt.
- Avoir beau + infinitif : Il a beau mentir, personne ne le croit.

L’opposition/concession exprimée de façon implicite

- La simple juxtaposition ou la coordination par et peuvent suggérer une opposition/concession : Mon voisin est riche ; je suis pauvre. Tu n’as plus un sou sur ton compte et tu vas faire du shopping !
- L’expression tout en + participe présent qui forme normalement un complément circonstanciel de temps, peut suggérer une opposition : Tout en étant déçu par ses derniers résultats, il s’est remis au travail.

Exercices
-  PNG - 4.2 ko Rédiger des compléments circonstanciels
-  PNG - 4.2 ko Rédiger des subordonnées circonstancielles
-  PNG - 4.2 ko Rédiger la concession : TEST
- Rédiger des corrélations 1
- Rédiger des corrélations 2
- Tout réviser


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Expression de l'opposition et de la concession
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